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	<title>Sonia Chamkhi's Weblog</title>
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	<description>couverture de mon livre - éditions Elyzad</description>
	<pubDate>Wed, 02 Jul 2008 20:23:51 +0000</pubDate>
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		<title>De la « tunisianité » artistique et culturelle</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jul 2008 08:33:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Il n’est pas un débat autour d’une production artistique et culturelle conçue par un artiste tunisien qui ne pose pas la question fatidique de sa spécificité tunisienne.
A chaque fois qu’un artiste tunisien réalise un film, compose une musique ou peint une toile, plusieurs voix s’élèvent pour ré-étirer la même question : en quoi cette peinture, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Il n’est pas un débat autour d’une production artistique et culturelle conçue par un artiste tunisien qui ne pose pas la question fatidique de sa spécificité tunisienne.</span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">A chaque fois qu’un artiste tunisien réalise un film, compose une musique ou peint une toile, plusieurs voix s’élèvent pour ré-étirer la même question : en quoi cette peinture, ce film ou cette musique est spécifiquement tunisien ? </span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">Aussi et si la question paraît fortement légitime, c’est paradoxalement l’attente qu’elle couvre qui l’est nettement moins. C’est que ceux qui la formulent attendent une <strong>définition</strong> de la spécificité tunisienne en guise de réponse !</span></span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Or, et c’est là où le bat blesse ! Dire qu’est-ce que la spécificité tunisienne, -la « tunisianité » artistique- ce n’est pas la définir mais plutôt la réfléchir, c’est-à-dire la « problématiser » ! </span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Définir la spécificité tunisienne une fois pour toute c’est la figer et la condamner à la stagnation et au péril de l’immobilisme et de la répétition. C’est dire une fois pour toute ce que nous sommes sensés être et renier que nous sommes justement en perpétuel mouvement, une société en devenir et non pas donnée une fois pour toute. </span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Qu’il s’agisse de musique, de peinture ou de cinéma, la démarche saine serait de se demander pourquoi tel artiste, tel groupe de créateurs, tel mouvement à un moment donné de l’histoire de la Tunisie a t-il exprimé d’une manière sensible une âme tunisienne et a pu donner une forme à la fois singulière et transitive à une expérience artistique donnée. Mais penser que la forme à laquelle ils ont abouti est la seule forme possible et de surcroît valable en tout temps et tout lieu c’est au mieux consacrer l’académisme comme seule condition de possibilité de la singularité artistique tunisienne et au pire condamner l’art tunisien à être définitivement caduc et impénétrable au changement, à l’interrogation et à l’innovation.</span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Que les hommes de lettres tunisiens de l’entre deux guerres aient réussi à exprimer une verve, un style authentiquement tunisien reviendrait-il à dire qu’aujourd’hui n’est littérature tunisienne que celle qui perpétue la forme et le contenu  de cette littérature des années 20 ? Les compositeurs des années 40 ont donné à la musique tunisienne un rythme, des ornementations et des tonalités qui la distinguent de toute autre musique reviendrait-il à dire qu’ils ont épuisé à tout jamais les modes d’être de la musique tunisienne ? Les cinéastes tunisiens des années 80 ont crée un cinéma tunisien intimiste et spiritualiste porté par des personnages filmiques  emblématiques que l’on pourrait qualifier d’anti-héros, par une certaine appréhension commune de la spatialité et de la temporalité qui se traduit aussi bien dans la narration que dans la mise en scène, reviendrait-il à dire qu’ils ont à jamais désigné la nature esthétique du cinéma tunisien ? </span></span></p>
<p class="western" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">La question serait plutôt : <em>pourquoi à un certain moment de l’histoire de la société tunisienne ces divers mouvements,  littéraires, picturaux ou cinématographiques soient-ils, ont exprimé ce que l’on peut qualifier d’identité artistique tunisienne, et que sont aujourd’hui les mouvements dans ces domaines, mais également dans le théâtre ou la poésie, qui ont pu à leur tour cristalliser les nouvelles composantes de cette identité artistique </em>? Car il y va de l’identité artistique comme de l’identité tout court : elle est en métamorphose, en gestation, en devenir. Sans quoi elle est condamnée au statisme, à l’immobilisme, au passéisme, à tout ces « ismes » qui sont les attributs même de la mort, antagonistes à la vie parce que réfractaires à l’essence même de celle-ci : le mouvement. </span></span></span></p>
<p class="western" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Les plus acharnés à croire en l’utilité d’une définition (définitive ! Excusez le pléonasme) de l’identité artistique tunisienne avancent l’argument que nous devons avoir un rapport clair et distinct aux composantes esthétiques de tout art. Ils disent par exemple que comme la musique tunisienne possède des maqams distinctifs – l’argument mérite évidemment moult débats- le cinéma ou la peinture tunisiens devraient en faire autant. En d’autres termes, il faudrait que nous fixions définitivement notre rapport à deux données fondamentales de la création : le temps et l’espace. Or, ce n’est que pur conformisme voire du dogmatisme que de croire que le rapport à la temporalité et à la spatialité, rapport qui régit tout art puisque de lui découle le rythme et la mesure, composante commune entre autre à la musique, la peinture et le cinéma, est définitivement fixé par une société donnée. Croire encore, à titre d’exemple,  que l’orient, auquel nous appartenons, est étendue, vide, lenteur,  c’est fétichiser le mythe de la caravane et souscrire à la plus puérile des visions orientalistes ! L’art est une multitude de traduction de la perception des hommes et du temps et de l’espace (c’est-à-dire de l’être dans l’espace et dans le temps) et parce que cette perception même est changeante, mutante, il n’est point de rapport définitivement clair et distinct. D’où la nécessité de consentir au caractère mobile et  changeant de la spécificité elle-même : ceci nous prémunira au moins des idées toutes faites, des prescripteurs de règles ( les censeurs) et des donneurs de leçons. Ce sont les créateurs authentiques, ceux qui innovent, qui réinventent la spécificité artistique tunisienne et ne la trouvent parmi ceux qui veulent la nommer que ceux qui la cherchent ! Ce n’est certes pas facile mais qui aime la mer devrait consentir à ses remous ! </span></span></p>
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		<title>la condition de la femme maghrébine: avec ou sans hommes?</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jun 2008 18:30:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Aussi bien mon roman Leïla ou la femme de l&#8217;aube (ED. elyzad/Clairefontaine, mai 2008 ) que mon dernier court métrage Wara El Blaïk (fiction, 25min, 35 mm, 2008 ) abordent cette question délicate de la condition de la femme tunisienne.  Seulement dans l&#8217;un comme dans l&#8217;autre, il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;un rapport d&#8217;opposition et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>Aussi bien mon roman <em>Leïla ou la femme de l&#8217;aube</em> (ED. elyzad/Clairefontaine, mai 2008 ) que mon dernier court métrage <em>Wara El Blaïk </em>(fiction, 25min, 35 mm, 2008 )<em> </em>abordent cette question délicate de la condition de la femme tunisienne.  Seulement dans l&#8217;un comme dans l&#8217;autre, il ne s&#8217;agit nullement d&#8217;un rapport d&#8217;opposition et d&#8217;exclusion mutuelle entre la femme et l&#8217;homme mais la recherche d&#8217;une réciprocité et d&#8217;un rapport nouveau qui reste à inventer. Dans <a href="http://www.lexpressiondz.com/categorie/3/2008-06-23.html">L&#8217;article </a>publié par le quotidien algérien, L&#8217;Expression , je m&#8217;en explique grâce à l&#8217;interview de la journaliste Hind Oufriha</p>
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		<title>Suite et fin des rencontres cinématographiques de Bejaia (28 mai/02 Juin 2008)</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/06/16/suite-et-fin-des-rencontres-cinematographiques-de-bejaia-28-mai02-juin-2008/</link>
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		<pubDate>Mon, 16 Jun 2008 18:19:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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Lundi 2 juin

Nouvelle virée collective cette fois-ci: une excursion pour une petite randonnée en montagne, aux abords de la mer. Les jeunes chantent dans le bus. Ils ont moins de vingt ans, ils sont beaux, gentils, adorables.
Le paysage est absolument ravissant: c&#8217;est la corse avec ce parfum local et le sourire des autochtones.
Nabil, jeune homme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>Lundi 2 juin</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nouvelle virée collective cette fois-ci: une excursion pour une petite randonnée en montagne, aux abords de la mer. Les jeunes chantent dans le bus. Ils ont moins de vingt ans, ils sont beaux, gentils, adorables.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le paysage est absolument ravissant: c&#8217;est la corse avec ce parfum local et le sourire des autochtones.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nabil, jeune homme de trente me briffe tout au long du parcours, il me conte le combat des Kabyles pour la reconnaissance de leur langue et de leur culture. Je m&#8217;aperçois très vite qu&#8217;une conscience politique et civique anime la jeunesse Kabyle. Autour de nous, depuis ces quelques jours, nous nous cessions d&#8217;admirer une jeunesse, qui en dépit de conditions économiques visiblement difficiles, est intelligente, vivante, remplie d&#8217;idéal, en quête de démocratie et de justice sociale. Ici les mots en leur pesant en actes et en engagements. Pour une tunisienne comme moi, entourée d&#8217;une majorité cynique et blasée et d&#8217;une jeunesse plutôt passive et indifférente, c&#8217;est un air de liberté et de vie quasiment inespéré.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">Nous nous mettons sur nos trente et un pour la soirée de clôture. Au programme le court métrage très apprécié <em>Khti </em>de Yanis Koussim et un hommage à M. Chouikh à travers son film phare <em>La citadelle</em>. Réalisé au milieu des années 80, le film atteste encore et toujours du talent de son réalisateur et également celui inouï du chef opérateur Allel  Yahlaoui. Échange d&#8217;estime avec ce quadragénaire d&#8217;une simplicité et d&#8217;une humanité à toute épreuve. Il me réaffirme son appréciation de mon film et me suggère de faire l&#8217;image de mon prochain long. Vivement le grand Maghreb!</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>Mardi 03 Juin</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le coeur un peu serré, nous devons quitter nos hôtes. La Kabylie nous plaît, nous nous sommes attachés à nos nouveaux amis, Abdennour, Jamel, Omar, Allel, Sami, Nabil, Fatma Zohra, Hind, Atika&#8230; et Sarra remue le couteau dans la plaie en me disant que les départs lui font mal. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Abdennour, Omar et Jamel – membre bénévole de l&#8217;association qui s&#8217;est occupé généreusement de nous au détriment même de son sommeil- nous accompagnent à l&#8217;aéroport de Bejaia pour le vol intérieur vers Alger. Le vol accuse 4 heures de retard. &#8216;ami Tahar, qui souhaite être le plus tôt à Tunis pour les examens de son fils, ironise sur le sous-développement mécanique (la panne) qui bizarrement donne bonne conscience à Air-Algérie qui ne dédaigne ni s&#8217;excuser ni encore moins s&#8217;enquérir des voyageurs subitement condamnés à passer la nuit à Alger! </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nous nous attablons parmi les passagers contrits et bavardions. Omar nous raconte son expérience d&#8217;assistant réalisateur à Tunis lors de la décennie noire qu&#8217;a connue l&#8217;Algérie. Rémunération dérisoire – en raison de son statut de technicien « au noir » et conditions à peine soutenables semblent l&#8217;avoir marqué. Il positive néanmoins en disant que ce séjour lui a permis de rencontrer son désormais ami et complice Tahar Chikhaoui. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Ce dernier, patient et drôle, attendra avec nous le vol de 19h 30 (au lieu de 16h) mais passera une autre nuit en Kabylie. Sarra et moi prenions l&#8217;avion et débarquons à Alger où les Rencontres ont réservé pour nous une chambre dans un hôtel du centre ville. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Impatientes de découvrir Alger, nous sortions vers 21 h 30 pour dîner. Mauvaise idée, la grande avenue est quasi déserte, des têtes peu avenantes de jeunes hommes et adolescents patibulaires. En plein centre, à quelques mètres de la statue somptueuse d&#8217;El émir Abdelakader, une atmosphère quelque peu sordide de délinquance (Cf. à ce propos, le dossier Algérie, le péril jeune, Jeune Afrique l&#8217;intelligent n° 2342 du 27 novembre au 3 décembre 2005).</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nous renoncions et dînons à l&#8217;hôtel! </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le lendemain matin, balade dans les rues d&#8217;Alger. C&#8217;est magnifique: une architecture coloniale fabuleuse, des perspectives saisissantes, de la verdure, de la lumière. Nous avons peu de temps, nous nous dépêchons pour visiter le Musée d&#8217;Art Moderne d&#8217;Alger. C&#8217;est un petit bijou de raffinement architectural et de mise en valeur des collections de l&#8217;art moderne et contemporain d&#8217;Algérie. Nous visitons le compartiment ouvert au public- le musée est encore en cours d&#8217;achèvement-  et contemplions les œuvres du premier étage dédiées à la mémoire de la libération nationale (il y a même le portait de la révolutionnaire Djamila par Picasso) et l&#8217;exposition de calligraphies de Hamza Bounina: c&#8217;est réellement un moment intense de plaisir esthétique.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Plus tard, nous avions pris l&#8217;avion, dans nos têtes et dans nos cœurs les portraits des amis rencontrés, les images de Kabylie, la somptueuse,  et d&#8217;Alger,  la magnifique, nous nous promettons de revenir et remercions les organisateurs pour leur foi dans le partage et l&#8217;élévation des esprits. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"> </span></p>
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		<title>Suite 2 des Rencontres Cinématographiques de Bejaia (28 mai-02 juin)</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jun 2008 18:46:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[tunisie]]></category>

		<category><![CDATA[frustration]]></category>

		<category><![CDATA[Rencontres Cinématographiques de Béjaia]]></category>

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		<category><![CDATA[femmes algériennes]]></category>

		<category><![CDATA[Youssef Ben Youssef]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Dimanche 1er Juin
La matinée est réservée aux courts métrages  notamment amateurs. Nous découvrons des tentatives intéressantes, le court métrage de Sami Allam mais également ceux de nos compatriotes Achraf (Lilet El Aid) et Douja (wa frontières). 
Un article de Oufriha hind consacré à la soirée tunisienne  est publié au quotidien L&#8217;expression. La [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>Le Dimanche 1er Juin</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">La matinée est réservée aux courts métrages  notamment amateurs. Nous découvrons des tentatives intéressantes, le court métrage de Sami Allam mais également ceux de nos compatriotes Achraf (<em>Lilet El Aid</em>) et Douja (<em>wa frontières</em>). </span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><a href="http://www.lexpressiondz.com/article/3/2008-06-02/53122.html">Un article de Oufriha hind consacré à la soirée tunisienne  est publié au quotidien L&#8217;expression</a>. La radio algérienne fait un reportage sur la même soirée. L&#8217;ambiance est chaleureuse et conviviale.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">La pause déjeuner se déroule à la maison de culture. Un jeune homme est assis à mes cotés. Il m&#8217;apostrophe et me dit qu&#8217;il a bien compris mon film, que ce dernier portait sur l&#8217;amour et sa légitimité quelque soit le jugement des autres mais considère que le baiser filmé était « érotique ». Il me dit que je n&#8217;avais pas tord de raconter cette histoire mais que voilà les jeunes comme lui étaient frustrés et que du coup ce genre de scène les provoquait. A 27 ans, il n&#8217;a jamais abordé une fille, pas même tenu sa main et se rappelle qu&#8217;à l&#8217;école pour le punir l&#8217;instituteur le faisait s&#8217;asseoir à côté d&#8217;une fille, alors il pleurait d&#8217;humiliation toute l&#8217;après-midi! Tu t&#8217;imagines, nous ce qu&#8217;on vit! Les mentalités ici sont terribles et l&#8217;école, elle ne fait rien, tu en sors comme tu y entres: abruti! </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Il insiste sur le rôle de l&#8217;école et sur la nécessité de faire évoluer les mentalités en son sein, sans quoi me dit-il la pression sociale fera que les jeunes hommes et femmes vivront dans la frustration et le mal-aise.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Plus tard dans les conversations ce mot de frustration reviendra souvent: les jeunes sont bloqués dans un système rigide et conservateur qui ne leur convient pas. Les jeunes filles me poseront beaucoup de question sur la condition de la femme en Tunisie. Elles me demandent si je ne trouve pas scandaleux leurs conditions à elles. Je confirme qu&#8217;évidemment oui! Elles me reprennent: à Béjaia, nous sommes mieux loties que les autres, les islamistes ne sévissant pas en Kabylie mais si tu voyais les autres villes notamment Alger!&#8230; </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le soir, retour à la maison de culture avec la soirée marocaine: deux courts métrages de deux réalisatrices présentes aux Rencontres et un long métrage</span></span><em> (e Poteau</em> de Imane Douayou et <em>Shift+Supp</em> de Jihane El Bahhar , et <em>Deux femmes sur la route</em> de Farida Bourquia.<span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">.) Les réalisatrices sont jeunes et elles ont bénéficié de plusieurs fonds de soutien. Elles sont représentatives de ce nouveau cinéma marocain, très dynamique en ce moment, bénéficiant de soutien financier mais qui visiblement cherche une filiation et une identité. Avec Fatma Zohra nous méditions sur tout cela et nous interrogeons notamment sur cette atmosphère quelque peu artificielle que dégagent nombreux films marocains. Et par comparaison aux films tunisiens et algériens nous émettions l&#8217;hypothèse que c&#8217;est essentiellement une question de lumière. Nous réalisions également que nos grands chefs-opérateurs  (Youssef Ben Youssef, Hmid Bennis, Allel Yahlaoui&#8230;.) ne sont plus trop jeunes! et qu&#8217;ils urge de laisser une trace écrite de leur immense savoir-faire. Nous nous promettons de nous y atteler dès maintenant pour organiser, un work-shop à la prochaine session des Rencontres. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/moustaches.wordpress.com/64/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/moustaches.wordpress.com/64/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/moustaches.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/moustaches.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/moustaches.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/moustaches.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/moustaches.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/moustaches.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/moustaches.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/moustaches.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/moustaches.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/moustaches.wordpress.com/64/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=moustaches.wordpress.com&blog=1902829&post=64&subd=moustaches&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>suite 1 des Rencontres Cinématographiques de Bejaia (28 mai/02 juin 2008)</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/06/11/suite-1-des-rencontres-cinematographiques-de-bejaia-28-mai02-juin-2008/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jun 2008 17:55:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[tunisie]]></category>

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		<category><![CDATA[Nadia El Fani]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Vendredi 30 Mai
Réveil à 9h. Petit déjeuner à l&#8217;hôtel. Le pain est délicieux. Premier contact avec d&#8217;autres invités. Nous apprenons que les rencontres sont essentiellement une activité associative; parmi les invités nombreux sont ceux qui s&#8217;activent autour de la culture, de l&#8217;émancipation des femmes et de la formation des jeunes.
De retour à la maison [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>Le Vendredi 30 Mai</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Réveil à 9h. Petit déjeuner à l&#8217;hôtel. Le pain est délicieux. Premier contact avec d&#8217;autres invités. Nous apprenons que les rencontres sont essentiellement une activité associative; parmi les invités nombreux sont ceux qui s&#8217;activent autour de la culture, de l&#8217;émancipation des femmes et de la formation des jeunes.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">De retour à la maison jeune, certains assistent aux ateliers et aux master classes (lumière, scénario, production). Nous avons reçu les catalogues et des tee-shirt souvenirs. Catalogues, affiche, petits sacs en coton attestent d&#8217;un gout certain et d&#8217;un travail précis et méticuleux. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Tout démarre à l&#8217;heure: les projections, les débats, les ateliers. Directeur et comité d&#8217;organisation, tous bénévoles, veillent au bon déroulement et au bien -être de chacun. Les jours qui viennent, nous nous apercevons que cet immense travail est fait avec peu de moyens et que les organisateurs dorment à peine quelques heures pour assurer ce fonctionnement parfait. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:#000000;"> <span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;">A partir de 19h, c&#8217;est la soirée algérienne. Les films  se succèdent. De très belles découvertes: <em>la pelote de laine</em> court métrage juste et subtil de Fatma Zohra Zamoun et <em>la maison jaune</em> d&#8217;Aomor Hakkar, long métrage tout en finesse sur l&#8217;amour pudique, le deuil et la bonté des gens simples.</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">Le cercle s&#8217;agrandit, Allel Yahiaoui, excellent et illustre chef-opérateur (les films algériens <em>Nehla</em>, <em>La citadelle</em> de Chouikh mais également les films tunisiens <em>Habiba M&#8217;Sika</em> de Selma Baccar et <em>La nuit de la décennie</em> de rachid Ferchiou), nous raconte son parcours et nous communique l&#8217;amour du cinéma, Sami Allam, réalisateur et comédien nous parle de son documentaire <em>Hnifa</em> (du nom d&#8217;une célèbre chanteuse kabyle) et Omar Belkacémi, réalisateur également, nous fait découvrir, aux heures creuses, sa ville: son musée, ses terrasses et sa cinémathèque&#8230;Avec humour et délicatesse , il nous initie à l&#8217;authenticité et à la générosité des Kabyles et la grandeur de cette Algérie riche et multiple&#8230;</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">Le soir Nadia Féni arrive de Paris, radieuse, elle nous raconte son dernier documentaire <em>Ouled Lénine</em> et son accueil aux Doc de Tunis  (Avril 2008). Au dîner, nous croisons également le talentueux cinéaste algérien Merzak Allouache venu lui aussi de paris pour donner une leçon de cinéma aux jeunes inscrits aux ateliers et accompagner la projection de son film <em>L&#8217;autre monde </em><span style="font-style:normal;">qui a eu lieu le 29 mai</span><em>.</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>le Samedi 31 Mai</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">A 11h la salle de culture grouille de monde, des jeunes, des enfants et quelques familles. Nous assistons à la projection de <em>violence contre les femme</em>s, documentaire très dur de Sidi Ali Mazif sur la condition intolérable des femmes en Algérie. </span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nous emportons nos paquets lunch et nous laissons embarqués pour une petite virée à la mer. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">À une heure du centre ville, une route verdoyante de forêt, qui serpente une haute colline (c&#8217;est Taberka- Ain Draham décuplée par 4), une plage de galets, une brise rafraîchissante et une mer somptueuse: décor pittoresque, nature magnifique, un havre de paix.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nous sommes en compagnie de la composante branchée des jeunes des Rencontres. Ils viennent d&#8217;Alger, ils sont aisés, la discussion porte sur les gynécologues, la virginité et la violence faites aux jeunes filles émancipées. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le soir. La salle est remplie. C&#8217;est la soirée hommage aux cinéastes femmes tunisiennes. Abdennour Hochiche, humble, attentif et pertinent parle à la radio algérienne. Si nous rendons hommage aux femmes cinéastes, dit-il c&#8217;est parce que nous sommes conscients qu&#8217;elles restent minoritaires dans un paysage cinématographique maghrébin majoritairement masculin.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Au débat, les avis sont partagés. Majoritairement les spectateurs qualifient nos films d&#8217;utiles et d&#8217;audacieux, mais certains leur reprochent un franc parler qui manque de pudeur.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Je vous propose quant à moi une petite lecture des deux films.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;"><em>Le rendez-vous</em> de Sarra Labidi: Une jeune fille travaille dans une pâtisserie et rêve du prince charmant. Elle décroche un rendez-vous avec un riche client. Il ne viendra pas, et tard le soir, alors qu&#8217;elle continue à l&#8217;attendre, les flics l&#8217;embarquent la confondant avec les filles de joie. Une histoire symbolique selon la réalisatrice de la condition de la femme arabe et un court métrage techniquement au point, à l&#8217;image soignée et par moments inspirée. Une chute intelligente avec un clin d&#8217;oeil à cendrillon. Beaucoup d&#8217;investissement de la part de la réalisatrice qui devrait décupler sa recherche de la justesse pour accorder davantage de crédibilité à ses fables. Un talent à suivre&#8230;</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;"><em>Beduin Harker, </em><span style="font-style:normal;">p</span>remier long métrage de Nadia Feni,  repose  sur une anti-recette du film tunisien : un décollage inattendu de la réalité sociale vers une projection dans un futur virtuel. L’enjeu : briser tous les clichés et balayer d’un coup les certitudes consensuelles. Du coup, ni couscous, ni céramiques, ni dédales et encore moins de personnages brisés : femmes soumises et hommes symboliquement castrés ! Dans ce contexte, Nadia Feni, en roue libre, a concocté un scénario original et audacieux : Khalthoum, surnommée Kat, petit génie d’informatique, pirate les ondes des chaînes européennes pour transmettre des messages révolutionnaires. Une mascotte rigolote d’un chameau bien de chez nous apparaît sur les écrans pour accompagner, non pas les consensuelles brochures touristico-exotiques, mais des textes subversifs écrits en dialectal tunisien. Les messages en question apparaissent presque innocents : d’abord ils disent qu’au troisième millénaire, il existe d’autres contrées et d’autres cultures, ensuite, ils invitent les français à porter des babouches !  Cette innocence pacifiste n’est pas pour autant candide. En s’affirmant tels qu’ils sont, ils montrent l’aberration de l’égocentrisme européen voire occidental. Un égocentrisme tel qu’il nie des évidences et renie une part de l’humanité. </span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Ce conflit primordial parce que primaire- il relève du droit d’exister dans sa différence- est matérialisé par l’acharnement que met Julie, l’alter ego français de Kat à démasquer cette dernière… </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">Plus proche d’une comédie que d’un film de suspense, <em>Beduin Harker</em>, réussit à tenir la route pendant plus d’une heure. Les différentes situations sont souvent drôles et amusantes, même si le scénario dans son ensemble tout en dessinant des pistes intéressantes, tel que la rivalité amoureuse entre les deux femmes, Kat et Julie, il les traite avec une certaine légèreté. </span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Cet aspect quelque peu inabouti dans l’élaboration narrative du film n’a pas été particulièrement pallié par la mise en scène. Celle-ci oscille entre un traitement des extérieurs particulièrement réussi (lumière, cadre et rythme) et un traitement des intérieurs qui relève plutôt de l’esthétique télévisuelle des séries policières ou de sciences fiction. </span></span></p>
<p lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Ce conflit entre deux visions, deux mondes ne restera probablement pas dans les mémoires comme un chef-d’œuvre, il sera néanmoins l’un des premiers films tunisiens à avoir osé un autre ton et une autre représentation. Et rien que pour cela, chapeau à la réalisatrice!</span></span></p>
<p lang="fr-FR" align="justify">La suite du journal demain</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Réponse à Touareg: l&#8217;Occident et nous ou le mythe de l&#8217;ennemi extérieur</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/06/11/reponse-a-touareg-loccident-et-nous-ou-le-mythe-de-lennemi-exterieur/</link>
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		<pubDate>Wed, 11 Jun 2008 10:29:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet écrit est une réponse au commentaire de Touareg (cf. mon blog / A propos) sur mon roman Leïla ou la femme de l&#8217;aube (Ed. Claire fontaine/elyzad, Tunis, 2008). Touareg a écrit: Je viens de terminer la lecture du roman. Trop de souffrance, mais des références occidentales, dommage. Vous avez  puisé dans notre mémoire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;">Cet écrit est une réponse au commentaire de Touareg (cf. mon blog / A propos) sur mon roman <strong>Leïla ou la femme de l&#8217;aube</strong> (Ed. Claire fontaine/elyzad, Tunis, 2008). Touareg a écrit: <em>Je viens de terminer la lecture du roman. Trop de souffrance, mais des références occidentales, dommage. Vous avez  puisé dans notre mémoire les volutes de votre texte pour exprimer les règles strictes de l&#8217;occident en mal de bonne conscience. Réfléchis&#8230;</em></p>
<p style="margin-bottom:0;">
<p style="margin-bottom:0;">Et en raison de la pertinence des questions soulevées, je souhaite répondre un peu plus longuement que ne le permet un simple commentaire.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Voici donc mes principales réponses, bien que succinctement et le débat est ouvert&#8230;</p>
<p style="margin-bottom:0;">Touareg, Vous parlez d&#8217;un trop de souffrance, effectivement. Ce trop de souffrance, je l&#8217;ai puisé dans le vécu  de ce quotidien « oriental »; et <strong>l&#8221;expérience prévaut voire dément toutes les théories </strong>et toutes les bonnes intentions qui souhaitent justement défendre un ordre désuet, platonique et qui de surcroît, refuse d&#8217;être mesuré à son application pratique et historique. Car c&#8217;est par opposition à cette « morale orientale » que vous me reprochez « mes références morales occidentales . Or, cette morale orientale peut se targuer d&#8217;une pensée, à priori, égalitaire, démocratique et juste. Qu&#8217;en est-il dans la réalité de tous les jours? Le débat risque d&#8217;être long et sinueux! Je me contente de vous dire que je n&#8217;adhère pas à une morale, qui dans la pratique, permet de battre les femmes, de les considérer comme des éternelles mineures écervelées (rien de bien disent-ils d&#8217;une nation gouvernée par une femme!),  de condamner les gens (à la prison!) pour « l&#8217;intimité de leur sexualité » et de déclarer ennemi de la « omma » toute personne qui ne partage pas notre foi!. <strong>Et si c&#8217;est de l&#8217;occident que vient la proposition de promulguer des lois qui interdisent la violence contre les femmes, érigent la liberté du culte et le droit au vote: je dis bienvenue aux idées de l&#8217;occident! </strong></p>
<p style="margin-bottom:0;">Mais permettez-moi de vous dire que ce ne sont pas là « les règles strictes de l&#8217;occident en mal de bonne conscience » et cela pour au moins deux raisons:</p>
<p style="margin-bottom:0;">-1- ces règles, -que je considère comme un acquis <strong>universel</strong>- sont celles-ci même que proposent et défendent, des penseurs bien de chez nous: et pour ne pas remonter aux écrits des anciens philosophes  arabes de Ibnou Sina à Ibnou Rochd, je vous cite des philosophes, des juristes, des historiens, (en un mot) des intellectuels arabes contemporains:  Hichem Djaît, Souhir Belhassen, Yadh Ben Achour, Youssef Seddik, Juliette Bessis, Mohamed Arkoun, Abdallah Laroui, Dalenda Larguech,  Jameleddine Ben Sheikh, Hamadi Redissi&#8230; (et la liste est tellement longue et édifiante&#8230;)</p>
<p style="margin-bottom:0;">-2- la notion même <strong>d&#8217;occident est une nébuleuse d&#8217;amalgame</strong>. Car de quel occident parlez-vous? De l&#8217;ancienne notion qui le réduit à l&#8217;ancien monde chrétien? (qui a fait d&#8217;ailleurs sa « révolution » il y&#8217; a au moins 4 siècles pour se proposer et nous proposer des idées nouvelles celles de la sécularisation, de la laïcité et des droits de l&#8217;Homme) ou de l&#8217;actuel occident qui intègre, entres autres le Japon, les états-unis et l&#8217;Asie (évidemment pas tous chrétiens!)?   Et puis, et le plus important à mes yeux, c&#8217;est qu&#8217;à l&#8217;intérieur même de ce que vous concéderez globalement (et j&#8217;espère pas définitivement) comme un occident en mal de conscience, il y&#8217; a un tout autre occident, terreau de la conscience universelle,  pétri de la pensée de Rousseau, Kant, Hugo, Sartre, Nietzsche, Foucault, Genet, Bourdieu, Morin&#8230;. (et la liste est encore une fois longue et édifiante).</p>
<p style="margin-bottom:0;">
<p style="margin-bottom:0;">Cela pour vous dire que ces « références morales occidentales », je m&#8217;en réclame, après évidemment réflexion et libre arbitre: le choix, en dehors des oppositions Orient/occident (et en dehors des circonstances conjoncturelles qui attisent les haines et réduisent aussi bien l&#8217;occident que l&#8217;orient) <strong><em>d&#8217;une voie libre</em></strong> qui tiennent à la fois de l&#8217;un et de l&#8217;autre <strong><em>à la seule exigence que ce que l&#8217;un ou l&#8217;autre propose convienne à ma dignité d&#8217;être humain et en ma conviction profonde du droit au choix  et à la différence</em></strong>. Je vous invite donc, à mon tour à réfléchir, et à oeuvrer ensemble pour une voie qui ne tienne pas compte des frontières (politiques et économiques) autant qu&#8217;elle exige,<strong><em> dans les faits et non pas dans les postulats théorique</em><span style="font-style:normal;">s</span></strong>,  l&#8217;égalité, la justice et la liberté de chacun.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Je finis par votre phrase «<em> vous avez puisé dans notre mémoire les volutes de votre texte.</em>.. » pour vous dire que je considère cela comme une gratification, car cette mémoire commune, je la porte en moi, et je la défends quant j&#8217;estime que le droit, la poésie, la spiritualité est de son côté et je l&#8217;interroge, la querelle quant elle fait fi de tout bon sens et de tout élan  de vie pour se scléroser et de surcroît se justifier en inventant un ennemi extérieur.</p>
<p style="margin-bottom:0;">Je vous remercie pour votre intérêt et votre sincérité et je crois fermement que le débat d&#8217;idées fait grandir les êtres et renforce leur dignité.</p>
<p style="margin-bottom:0;">
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		<item>
		<title>Les Rencontres Cinématographiques de Béjaia (28 Mai-02 juin 2008)</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jun 2008 19:06:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[L&#8217;élégance des esprits et la noblesse des cœurs


A la mi-mai, j&#8217;ai été contactée par M. Abdennour Hochiche, directeur  des Rencontres Cinématographiques de Bejaia qui m&#8217;invite à présenter mon dernier court métrage Wara El Blaîk dans le cadre de la soirée organisée le 31 Mai en l&#8217;honneur des femmes cinéastes tunisiennes. Il me précisa que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="center"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>L&#8217;élégance des esprits et la noblesse des cœurs<br />
</strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span lang="fr-FR"><span style="font-size:small;"><span style="color:#000000;">A la mi-mai, j&#8217;ai été contactée par M. Abdennour Hochiche, directeur  <strong><em>des Rencontres Cinématographiques de Bejaia</em></strong> qui m&#8217;invite à présenter mon dernier court métrage <em>Wara El Blaîk</em> dans le cadre de la soirée organisée le 31 Mai en l&#8217;honneur des femmes cinéastes tunisiennes. Il me précisa que les Rencontres, initiées par l&#8217;association <strong><em>Projec&#8217;heurt</em>s</strong>, existent depuis 2003 et ce dans l&#8217;objectif de créer un espace d&#8217;échange, de  débat et de réflexion autour du cinéma dans les pays du Maghreb. Il m&#8217;informa également que  la soirée tunisienne concoctée par l&#8217;imminent critique tunisien Tahar Chikahoui, ami et conseiller des Rencontres,  projettera, outre mon film, le court métrage <em>Le rendez-vous</em> de Sarra Labidi et le long métrage <em>Beduin Harker</em> de Nadia Féni.</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Je me suis donc rendue, en compagnie de Si Tahar et de Sarra à Bejaia, et je vous propose tout au long de cette semaine, le journal de ce voyage cinématographique, jour par jour. J&#8217;espère ainsi rendre compte d&#8217;un séjour culturel qui m&#8217;a ravi et vous faire partager la découverte d&#8217;une région fabuleuse, la Kabylie, et des gens remarquables qui ont forgé mon estime et ma sympathie.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;"><strong>Jeudi 29  Mai </strong></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Nous arrivons à midi à l&#8217;aéroport d&#8217;Alger. Nous réglons nos montres à l&#8217;heure locale: 13h. A la sortie des douanes, au hall,  deux jeunes hommes nous accueillent: Ahmed, 23 ans, brun et branché, Hilal, yeux bleus et teint clair, même âge et allure plus classique. Si Tahar, Sarra et moi-même souhaitons faire fonctionner le roaming pour contacter Tunis. Seule Sarra y parvient, elle est cliente chez Tunisiana. Nous autres, abonnés chez Tunisie Télécom nous nous rendons au box de Djezzy  l&#8217;opérateur algérien partenaire de Tunisie Télécom. Le responsable est désolé de ne pas répondre à notre requête: c&#8217;est au-près de votre opérateur tunisien qu&#8217;il faut faire la réclamation.   Nous tentons à maintes reprises: Tunisie Télécom dort sur ses lauriers!</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">La voiture roule sur l&#8217;autoroute: Alger, ville somptueuse nichée sur une falaise. Elle est lumineuse, immense, bercée entre le bleu du ciel et celui de la mer.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Ahmed, le chauffeur et Hilal son compagnon, sont chaleureux, bavards, infatigables. Ils nous bombardent de questions, nous apprennent qu&#8217;il adorent la Tunisie et qu&#8217;ils passent leurs vacances à Hammamet. Ils appellent si Tahar, &#8216;ami Tahar (oncle Tahar), ils l&#8217;adorent depuis les sessions précédentes des Rencontres. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">La route est longue, quelque peu pénible, mais nos compagnons Kabyles nous distraient et prennent soin de nous. Ahmed, commerçant, se prépare à convoler en noces et à partir vivre à Lyon où sa fiancée réside depuis quelques années, Hilel peine lui à épargner de l&#8217;argent pour son mariage, il parle des difficultés économiques du pays, du manque d&#8217;instruction des jeunes et du chômage et croit fermement que ce marasme est la conséquence d&#8217;un complot contre l&#8217;Algérie! Les grandes puissances (Etats-Unis, Russie et Europe) convoitent  son pays (riche) et l&#8217;empêchent de prospérer! </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Après la pause déjeuner (grillades de viande de mouton), nous reprenons la route. La vitesse des chauffards et le manque de respect du code de conduite nous effraient mais le paysage est magnifique: forêts, montagnes, mers, à couper le souffle.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Au bout de cinq heure de route (pour 230 km), nous arrivons à Bejaia et faisons la connaissance de nos hôtes: une équipe jeune, souriante, très organisée qui prend en charge le moindre détail de notre séjour. L&#8217;atmosphère nous plait, nous sommes ravis d&#8217;être parmi eux. </span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">&#8216;ami Tahar est comme un poisson dans l&#8217;eau. Il salue les jeunes et leur rappelle le rendez-vous de l&#8217;atelier de scénario pour le lendemain matin. Sarra et moi, nous nous installions à l&#8217;hôtel. Il est modeste à l&#8217;image d&#8217;une infrastructure hôtelière et touristique encore embryonnaire à Bejaia.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-size:small;">Le soir, après un diner rapide au restaurant, nous nous installions dans la salle de projection de la maison de culture où les Rencontres se déroulent. Décor à l&#8217;allure communiste et une salle immense mais remplie de spectateurs, une jeunesse avide de cinéma et de nombreuses familles. Après le film, le débat. Les questions sont simples. De l&#8217;intérêt et du respect.</span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">la suite demain</p>
<p style="margin-bottom:0;" lang="fr-FR" align="justify">
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		<title>Article de Dominique Ranaivoson sur Leîla ou la femme de l&#8217;aube</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/06/09/article-de-dominique-ranaivoson-sur-leila-ou-la-femme-de-laube/</link>
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		<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 18:28:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Le premier roman de cette Tunisienne spécialiste du cinéma reprend un des thèmes récurrents de la littérature maghrébine, la difficulté de la femme à refuser une vie « conformiste et étriquée » (120) pour « arracher cette dignité » (75) que lui refusent les pères autoritaires, les mères possessives, les maris dominateurs, les voisins curieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" align="justify">Le premier roman de cette Tunisienne spécialiste du cinéma reprend un des thèmes récurrents de la littérature maghrébine, la difficulté de la femme à refuser une vie « conformiste et étriquée » (120) pour « arracher cette dignité » (75) que lui refusent les pères autoritaires, les mères possessives, les maris dominateurs, les voisins curieux et les passants au regard rempli de « désir et de violence » (118). Le récit s’attache au personnage de Leïla, 30 ans, tunisienne, métisse d’un père noir et d’une mère blanche, divorcée, qui tente d’organiser sa vie en dépit de toutes les contraintes qui la « serrent comme un étau » (80), veut apprivoiser ses fureurs et son désenchantement et, bien que travaillant comme metteur en scène de cinéma, se sent « un matériau en souffrance » (91). Rentrée un temps dans sa famille, elle s’installe seule dans une ville inconnue puis revient à Tunis, erre, écoute les récits des sœurs, amies, parentes, toutes habitées par leurs fantasmes et leurs déceptions. « Leïla n’a rien à transmettre et ne veut rien léguer. Leïla a perdu sa foi dans les Hommes. » (157). Elle écrit à Iteb, son premier et unique amour qui ne veut, sans raison apparente, s’engager envers elle et reste à Bruxelles. Ces missives sans réponse qui structurent le texte en alternance avec le récit à la troisième personne sont qualifiées à la fin de « littérature » grâce à laquelle, à défaut de connaitre l’amour pour lequel « il faut être esclave ou tyran » (188),  « on oublie et on s’invente son être en inventant son écriture » (155), ce qui est déjà mieux que la folie dans laquelle tombe l’amie et confidente Nada « la belle enfant au regard couleur de l’abîme » (141). Le grand intérêt de ce texte réside dans sa construction en strates où le récit au passé offre une description distanciée du combat d’une femme moderne dans son environnement social tandis que les lettres rédigées au présent présentent les douleurs de la solitude, les peurs et les révoltes de celle qui affronte seule la lâcheté, la méfiance et le mutisme. Les deux volets du texte se caractérisent par la même élégance d’un style sobre et poétique fait de phrases au rythme régulier, de discours rapportés, d’un lexique précis, d’images qui s’échappent comme les oiseaux que convoquent l’imagination de Leïla. Cette francophonie ciselée est ponctuée de paroles de chansons transcrites en arabe avant d’être traduites et qui constituent un intertexte plus efficace que tout décor pittoresque. Ce découpage textuel figure le heurt des bribes de la mémoire de Leïla, « tamis secoué par des mains fébriles » (13) donnant à cet « amalgame d’images » célébrant ses « errances à l’aube et au crépuscule » (12) la fonction de dire le drame de toutes celles qui ont perdu leurs repères. On ne quitte pas ce texte intense au milieu duquel circulent aussi le racisme des Tunisiens, le rôle des cafés, la difficulté à devenir hommes pour les fils, le jeu des demi-aveux : « c’est dans les plis, les entrelacs et les interstices que la vérité se glisse » (78). Une vérité dure, amère mais qui donne matière à une analyse psychologique fine et à un petit ouvrage magnifique tiré sur un papier crème au grain luxueux. Même si le personnage a perdu tous ses rêves et gît « désenchantée du Verbe » (191) autant que de l’Amour, ses mots auront enchanté le lecteur fasciné par la puissance d’entraînement de cet agencement impeccable.</p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><a href="http://www.africultures.com/index.asp?menu=affiche_article&amp;no=7659">Dominique Ranaivoson</a></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify">2 juin 2008.</p>
<img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/moustaches.wordpress.com/59/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/moustaches.wordpress.com/59/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/moustaches.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/moustaches.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/moustaches.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/moustaches.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/moustaches.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/moustaches.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/moustaches.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/moustaches.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/moustaches.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/moustaches.wordpress.com/59/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=moustaches.wordpress.com&blog=1902829&post=59&subd=moustaches&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>Comédiens à leurs risques et périls</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/05/27/comediens-a-leurs-risques-et-perils/</link>
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		<pubDate>Tue, 27 May 2008 18:42:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Le cinéma écrit Daniel Serceau « n’est pas seulement un spectacle, ni un discours qu’il suffirait d’expliciter, mais la mise en condition fictive d’une expérimentation s’opérant par le truchement du spectacle et au moyen d’une activité psychique au sein de laquelle l’émotion et la suggestion jouent un rôle essentiel. Nous pensons, continue t-il à dire que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span style="font-size:medium;">Le cinéma écrit Daniel Serceau « n’est pas seulement un spectacle, ni un discours qu’il suffirait d’expliciter, mais la mise en condition fictive d’une expérimentation s’opérant par le truchement du spectacle et au moyen d’une activité psychique au sein de laquelle l’émotion et la suggestion jouent un rôle essentiel. Nous pensons, continue t-il à dire que la fascination exercée par les « histoires » vient de ce que le sujet s’y saisit lui-même comme objet dans sa relation avec le monde extérieur et les difficultés existentielles qui en naissent. »(</span><sup><span style="font-size:medium;"><a class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a></span></sup><span style="font-size:medium;">). Et si le sujet (le spectateur du cinéma mais aussi du théâtre) s’y retrouve ainsi saisi ce n’est pas uniquement grâce au système spectatoriel, qui -nous le savons tous- est construit à cette fin, mais surtout parce que toute histoire, tout récit est incarné par des personnages en situation. Finalement ce qui permet de mettre le spectateur dans un procès d’expérimentation, où ses propres structures mentales, ses sources affectives sont sollicités jusqu’au bouleversement, c’est la présence de ces comédiens et acteurs qui incarnent, en chaire et en os, toue expérience et tout sentiment. Cette assertion, j&#8217;en conviens n’est pas plus qu’une vérité élémentaire. Pourtant pas suffisamment affirmée sous nos cieux !  Avons nous, en effet,  suffisamment dit, tant bien que mal, que ce sont les comédiens et acteurs tunisiens qui ont fait le succès et la qualité de ces nombreuses pièces théâtrales, de ces nombreux films que nous avons tant aimés ? Avons nous suffisamment mesuré l’ampleur de la générosité de nos comédiens et acteurs, ceux là même qui pour une pièce de Jaibi ou un film de Bouzid répètent inlassablement des mois et des mois, voire plus. Bien sur ils font leur métiers, mais dans quelles conditions, pour quelles rémunération, et pour quelle considération ? Quelle est la juste valeur, matérielle et morale, qui revient à ces hommes et ces femmes qui osent incarner nos désirs, nos fantasmes, mais surtout nos douleurs et nos failles ? Ma pensée se penche  surtout sur ces comédiens qui incarnent des personnages extrêmes et pour prendre un exemple récent, je pense à Salha Nasraoui, Besma El Ech et Mohamed Ali Jemaa qui prêtent leur corps, leur voix et leur âme aux marginaux de Jounoun (la fille de joie, l&#8217;handicapée et le fou). <span style="font-size:medium;">Et puis cette merveilleuse actrice de Tendresse des Loups de Jilani Saâdi, Anissa Daoud, qui ose dans ce contexte arabo-musulman fort crispé incarner une entraîneuse de cabaret qui de surcroit se fait violer! </span>Leur performance les fait-elle accéder, comme ailleurs, en Europe mais aussi en Égypte, à un statut privilégié qui les met à l’abri du besoin matériel et de la médisance des petites mentalités ? C’est qu’il faudrait qu’on se le dise, en Amérique, en Europe, ou en Égypte, les comédiens, ceux qui incarnent les personnages les plus emblématiques et symptomatiques de leur société ne sont pas exposés aux aléas du risque de la confusion entre ce qu’ils jouent sur les planches ou à l’écran avec ce qu’ils sont dans la réalité. Et pour pousser le raisonnement jusqu’au bout, si la Jodie Foster de « The accused » voyageait, non pas dans la première classe des plus prestigieux compagnies aériennes, mais en faisant de l’auto-stop aux camionneurs, il y ait de forte chance qu’elle se fasse agressée !    C’est dire qu’ailleurs ce métier fort exigent et qui expose tant ses adeptes, nourrie dans ses mécanismes internes et ses rouages fonctionnelles les conditions nécessaires pour la protection des siens. Mais qu’en est-il chez nous ? L’exemple des aînés ne me rassure guère, et le sort réservé à tous ces diplômés de l’ISAD ( Institut Supérieur des Arts Dramatiques) est préoccupant ! </span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span style="font-size:medium;">Le fait que le comédien de théâtre recommence sans cesse à zéro, que sa compétence, sauf exception, ne lui fait pas accéder à une échelle plus élevée, que le chômage, les cachets dérisoires le guettent, sont autant de motifs de préoccupations. </span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span style="font-size:medium;">Le comédien tunisien se voue à cette profession/passion à son corps défendant, à ses risques et périls. Comédiens sur les planches, pour que nous autres s’y retrouvons, ils incarnent dans leur propre existence leur déraisonnable amour de la vie ( c’est-à-dire de l’émotion) et  l&#8217;ingratitude quasi généralisé d&#8217;une société tunisienne si peu soucieuse de la chose de l&#8217;art et de l&#8217;esprit. </span></p>
<p style="margin-bottom:0;" align="justify"><span style="font-size:medium;">Ayant, moi-même réalisé deux courts métrages, j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de connaître de plus près quelques uns de ces acteurs exceptionnels que sont Fatma Ben Saîdane, Jamel Madani, Slah M&#8217;Saddek, Hassen Hermess ou encore Sondos Belhassen et de côtoyer également quelques jeunes à l&#8217;instar de Néjoua Souhir et de Hager Hamouda. Et je garde de cette collaboration une immense joie et une grande gratitude. Ces acteurs incarnent à mes yeux le talent, la sensibilité et la générosité et ils appartiennent à cette grande famille des comédiens tunisiens  dont le parcours pourrait à lui seul esquisser une poétique du sacrifice et faire réfléchir à l’éthique de l’art et de la vie.</span></p>
<div id="sdfootnote1">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a> ) Daniel Serceau, Le désir de Fictions, ed. Dis, Voir, 1987</p>
</div>
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		<title>Extraits de Leïla ou la femme de l&#8217;aube</title>
		<link>http://moustaches.wordpress.com/2008/05/13/extraits-de-leila-ou-la-femme-de-laube/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 May 2008 16:20:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>soniachamkhi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<category><![CDATA[extraits de leîla ou la femme de l'aube]]></category>

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		<category><![CDATA[roman]]></category>

		<category><![CDATA[sonia chamkhi]]></category>

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		<description><![CDATA[Leila lave le sol à grande eau. Elle  déverse l’eau des seaux dans toutes les pièces de son nouveau logis. Les carreaux marbrés du parterre dessinent des paysages exténués et des silhouettes évanescentes. Tentation du récit.
Je suis Leila, j’ai trente ans. Je suis métisse, divorcée et stérile. J’ai aimé, erré et inventé ma vie. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Leila lave le sol à grande eau. Elle  déverse l’eau des seaux dans toutes les pièces de son nouveau logis. Les carreaux marbrés du parterre dessinent des paysages exténués et des silhouettes évanescentes. Tentation du récit.</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="color:#000000;">Je suis Leila, j’ai trente ans. Je suis métisse, divorcée et stérile. J’ai aimé, erré et inventé ma vie.  J’ai cru au plus </span><span style="color:#000000;">versatile </span><span style="color:#000000;">des sentiments : l’amour. Je l’ai exalté et lui ai attribué le prénom d’un homme, Iteb, mon amoureux d’enfance qui vit au-delà de l’autre rive de la méditerranée, là où le soleil se couche. </span></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Au Sud, les sentiments baignent dans un brouillard de lumière. L’aube les dote d’une éternité d’emprunt. Un simulacre d’éternité où tout amour est infini, tout lien indéfectible, toute forme un souvenir. Ma mémoire est un chaos blasphématoire. Amalgame d’images qui célèbrent mes errances à l’aube et au crépuscule.</span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>« Elles sont encore comparables</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>À des ténèbres sur une mer profonde :</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>Une vague la recouvre,</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>Sur laquelle monte une autre vague </em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>Des nuages sont au-dessus.</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="color:#000000;"><em>Ce sont des ténèbres amoncelées les unes sur les autres »</em> (*)</span></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="color:#000000;">La veille, Leila s’était effondrée sur le sol, pareille à une morte. Parmi ses cartons à moitié déballés, elle resta longtemps allongée telle une bête agonisante. Méticuleusement, elle avait couvert le sol de journaux. Elle s’était étalée et avait convoqué tous </span><span><span style="color:#000000;">ses d</span></span><span style="color:#000000;">émons. Par un sifflement aigu, elle fit venir de drôles d’oiseaux : toutes sortes de volatiles, des colibris, des hirondelles, des chouettes, des corbeaux, des torcols, des pigeons, mais aussi des albatros hurleurs et des vautours voraces. Elle les fit venir par groupes et les fit voltiger autour de sa tête. Ils ne la quittèrent guère. Seul l’aigle partit ramener sa nourriture. Elle le vit alors dévorer les morceaux de sa proie. Ce spectacle la détourna un moment de l’écoute pieuse de leur respiration pulmonaire, de la contemplation de leur aigrette et de leur regard aveugle et perçant. </span></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;"><em>A chaque âme appartient un autre monde ; pour chaque âme, chaque autre âme est un arrière-monde.</em></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="color:#000000;">Un torero planta une banderille sur le garrot du taureau. L’antéchrist portait son </span><span><span style="color:#000000;">arme</span></span><span style="color:#000000;"><strong> </strong>en bandoulière. Leila eut la tête ballante entre les deux tableaux. Comment rejoindre l’autre bout? En tendant un pont au-dessus du gouffre, en touchant le fond ? Comment pourrait-il y avoir un dehors de moi se demanda Leila s’il n’y a pas d’extérieur. </span></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify">
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" lang="fr-FR" align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="font-size:small;">Engloutie dans l’abîme, Leila se souvient. Sa mémoire, un tamis usé secoué par des mains fébriles, laisse échapper les images du passé. </span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify"><span><span style="font-size:small;"><span style="font-family:Times New Roman,serif;"><span style="color:#000000;">Ce matin, elle lave le sol à l’eau de javel. Succombant à la paresse, elle abandonne la serpillère. Le sirocco se chargera d’assécher l’eau. Sinon l’orage qui pointe déferlera et le déluge emportera la trame originelle de son récit, ou encore les traces d’eau esquisseront des cadavres exquis et des visages transparents; portraits </span><span style="color:#000000;">empreints</span><span style="color:#000000;"> de passions, vénérées dès l’adolescence, grosses de l’amour des hommes mais stériles de n’avoir pas reçu l&#8217;onction d’une semence.</span></span></span></span></p>
<p style="margin-bottom:0;line-height:0.56cm;" align="justify">* le coran</p>
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