Le Dimanche 1er Juin

La matinée est réservée aux courts métrages notamment amateurs. Nous découvrons des tentatives intéressantes, le court métrage de Sami Allam mais également ceux de nos compatriotes Achraf (Lilet El Aid) et Douja (wa frontières).

Un article de Oufriha hind consacré à la soirée tunisienne est publié au quotidien L’expression. La radio algérienne fait un reportage sur la même soirée. L’ambiance est chaleureuse et conviviale.

La pause déjeuner se déroule à la maison de culture. Un jeune homme est assis à mes cotés. Il m’apostrophe et me dit qu’il a bien compris mon film, que ce dernier portait sur l’amour et sa légitimité quelque soit le jugement des autres mais considère que le baiser filmé était « érotique ». Il me dit que je n’avais pas tord de raconter cette histoire mais que voilà les jeunes comme lui étaient frustrés et que du coup ce genre de scène les provoquait. A 27 ans, il n’a jamais abordé une fille, pas même tenu sa main et se rappelle qu’à l’école pour le punir l’instituteur le faisait s’asseoir à côté d’une fille, alors il pleurait d’humiliation toute l’après-midi! Tu t’imagines, nous ce qu’on vit! Les mentalités ici sont terribles et l’école, elle ne fait rien, tu en sors comme tu y entres: abruti!

Il insiste sur le rôle de l’école et sur la nécessité de faire évoluer les mentalités en son sein, sans quoi me dit-il la pression sociale fera que les jeunes hommes et femmes vivront dans la frustration et le mal-aise.

Plus tard dans les conversations ce mot de frustration reviendra souvent: les jeunes sont bloqués dans un système rigide et conservateur qui ne leur convient pas. Les jeunes filles me poseront beaucoup de question sur la condition de la femme en Tunisie. Elles me demandent si je ne trouve pas scandaleux leurs conditions à elles. Je confirme qu’évidemment oui! Elles me reprennent: à Béjaia, nous sommes mieux loties que les autres, les islamistes ne sévissant pas en Kabylie mais si tu voyais les autres villes notamment Alger!…

Le soir, retour à la maison de culture avec la soirée marocaine: deux courts métrages de deux réalisatrices présentes aux Rencontres et un long métrage (e Poteau de Imane Douayou et Shift+Supp de Jihane El Bahhar , et Deux femmes sur la route de Farida Bourquia..) Les réalisatrices sont jeunes et elles ont bénéficié de plusieurs fonds de soutien. Elles sont représentatives de ce nouveau cinéma marocain, très dynamique en ce moment, bénéficiant de soutien financier mais qui visiblement cherche une filiation et une identité. Avec Fatma Zohra nous méditions sur tout cela et nous interrogeons notamment sur cette atmosphère quelque peu artificielle que dégagent nombreux films marocains. Et par comparaison aux films tunisiens et algériens nous émettions l’hypothèse que c’est essentiellement une question de lumière. Nous réalisions également que nos grands chefs-opérateurs (Youssef Ben Youssef, Hmid Bennis, Allel Yahlaoui….) ne sont plus trop jeunes! et qu’ils urge de laisser une trace écrite de leur immense savoir-faire. Nous nous promettons de nous y atteler dès maintenant pour organiser, un work-shop à la prochaine session des Rencontres.

Une réponse vers “Suite 2 des Rencontres Cinématographiques de Bejaia (28 mai-02 juin)”

  1. hammouche lehna a dit

    Bravo pour votre court métrage et votre livre que j’ai adoré,mais surtout bravo pour votre humanisme et votre simplicité remarquable

Laisser un commentaire