L’élégance des esprits et la noblesse des cœurs

A la mi-mai, j’ai été contactée par M. Abdennour Hochiche, directeur des Rencontres Cinématographiques de Bejaia qui m’invite à présenter mon dernier court métrage Wara El Blaîk dans le cadre de la soirée organisée le 31 Mai en l’honneur des femmes cinéastes tunisiennes. Il me précisa que les Rencontres, initiées par l’association Projec’heurts, existent depuis 2003 et ce dans l’objectif de créer un espace d’échange, de débat et de réflexion autour du cinéma dans les pays du Maghreb. Il m’informa également que la soirée tunisienne concoctée par l’imminent critique tunisien Tahar Chikahoui, ami et conseiller des Rencontres, projettera, outre mon film, le court métrage Le rendez-vous de Sarra Labidi et le long métrage Beduin Harker de Nadia Féni.

Je me suis donc rendue, en compagnie de Si Tahar et de Sarra à Bejaia, et je vous propose tout au long de cette semaine, le journal de ce voyage cinématographique, jour par jour. J’espère ainsi rendre compte d’un séjour culturel qui m’a ravi et vous faire partager la découverte d’une région fabuleuse, la Kabylie, et des gens remarquables qui ont forgé mon estime et ma sympathie.

Jeudi 29 Mai

Nous arrivons à midi à l’aéroport d’Alger. Nous réglons nos montres à l’heure locale: 13h. A la sortie des douanes, au hall, deux jeunes hommes nous accueillent: Ahmed, 23 ans, brun et branché, Hilal, yeux bleus et teint clair, même âge et allure plus classique. Si Tahar, Sarra et moi-même souhaitons faire fonctionner le roaming pour contacter Tunis. Seule Sarra y parvient, elle est cliente chez Tunisiana. Nous autres, abonnés chez Tunisie Télécom nous nous rendons au box de Djezzy l’opérateur algérien partenaire de Tunisie Télécom. Le responsable est désolé de ne pas répondre à notre requête: c’est au-près de votre opérateur tunisien qu’il faut faire la réclamation. Nous tentons à maintes reprises: Tunisie Télécom dort sur ses lauriers!

La voiture roule sur l’autoroute: Alger, ville somptueuse nichée sur une falaise. Elle est lumineuse, immense, bercée entre le bleu du ciel et celui de la mer.

Ahmed, le chauffeur et Hilal son compagnon, sont chaleureux, bavards, infatigables. Ils nous bombardent de questions, nous apprennent qu’il adorent la Tunisie et qu’ils passent leurs vacances à Hammamet. Ils appellent si Tahar, ‘ami Tahar (oncle Tahar), ils l’adorent depuis les sessions précédentes des Rencontres.

La route est longue, quelque peu pénible, mais nos compagnons Kabyles nous distraient et prennent soin de nous. Ahmed, commerçant, se prépare à convoler en noces et à partir vivre à Lyon où sa fiancée réside depuis quelques années, Hilel peine lui à épargner de l’argent pour son mariage, il parle des difficultés économiques du pays, du manque d’instruction des jeunes et du chômage et croit fermement que ce marasme est la conséquence d’un complot contre l’Algérie! Les grandes puissances (Etats-Unis, Russie et Europe) convoitent son pays (riche) et l’empêchent de prospérer!

Après la pause déjeuner (grillades de viande de mouton), nous reprenons la route. La vitesse des chauffards et le manque de respect du code de conduite nous effraient mais le paysage est magnifique: forêts, montagnes, mers, à couper le souffle.

Au bout de cinq heure de route (pour 230 km), nous arrivons à Bejaia et faisons la connaissance de nos hôtes: une équipe jeune, souriante, très organisée qui prend en charge le moindre détail de notre séjour. L’atmosphère nous plait, nous sommes ravis d’être parmi eux.

‘ami Tahar est comme un poisson dans l’eau. Il salue les jeunes et leur rappelle le rendez-vous de l’atelier de scénario pour le lendemain matin. Sarra et moi, nous nous installions à l’hôtel. Il est modeste à l’image d’une infrastructure hôtelière et touristique encore embryonnaire à Bejaia.

Le soir, après un diner rapide au restaurant, nous nous installions dans la salle de projection de la maison de culture où les Rencontres se déroulent. Décor à l’allure communiste et une salle immense mais remplie de spectateurs, une jeunesse avide de cinéma et de nombreuses familles. Après le film, le débat. Les questions sont simples. De l’intérêt et du respect.

la suite demain

Une réponse vers “Les Rencontres Cinématographiques de Béjaia (28 Mai-02 juin 2008)”

  1. Raouf Mancer a dit

    je suis un écrivain amateur,j’aimerais bien vous envoye quelque texte de mon livre si ça vous interesse

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