L’histoire vacille entre deux eaux. Traverser les eaux troubles et ne pas écarter de soi les grenouilles froides et les crapauds fiévreux. A travers les eaux, Leïla entrevoit mieux. Son histoire, un roman-photo ou un vaudeville. Mais parce qu’il flotte sur l’eau, au lieu de se noyer, il est gros comme une femme enceinte ou comme la cargaison d’un vieux bateau rouillé en partance du port de Bizerte. Il se dilue comme une aquarelle ou un lavis. Les images brouillées ignorent la fermeté du trait; imprégnées d’eau, elles laissent s’infiltrer le corps du souvenir, le corps meurtri.
Divagations, délires et fantasmes amoureux qui peignent le portait de deux femmes tunisiennes d’aujourd’hui : l’une aime, l’autre pas. L’une écrit et l’autre commet le crime. Leila est en quête du Sens : face à la finitude, elle cherche la vérité, elle se veut lucide, elle veut comprendre les règles du jeu. Elle dit je et se voile. Nada est son épreuve de la nudité. Nada invente et révèle l’amour exalté, l’amour mensonger, l’amour tyrannique…
L’une et l’autre le savent : dans leur pays il n’y a plus d’hommes : leur absence est dérisoire, leur présence est un leurre.
Nada affronte la mort, Leila se mesure au Verbe : c’est une éternité sans l’Autre …
note: rendez-vous à la dédicace du roman, soit le mercredi 30 avril à 17h à l’espace rencontre de la foire du livre au parc du Kram, soit le jeudi1er à 15h au stand Clairefontaine, toujours à la foire