une culture du documentaire dans notre pays!
mars 31, 2008
Doc à Tunis (du 3 au 6 avril 2008), ce festival international du film documentaire est-il indispensable au paysage culturel et artistique tunisien ? Évidemment que oui, ne serait-ce que pour une raison immédiate : la visibilité du documentaire tunisien. D’abord dans sa sphère légitime, pour son public premier, le spectateur tunisien, ensuite pour son rayonnement à l’extérieur. Parce que le documentaire tunisien ne parvient pas naturellement au récepteur non tunisien, œuvrons pour que les décideurs potentiels, les professionnels de la diffusion et de la distribution, prennent acte de son existence, voire de sa pertinence, chez nous. Aujourd’hui, l’unique opportunité de visibilité du documentaire tunisien, mis à part les initiatives personnelles des producteurs et cinéastes, demeure les JCC. Or, les quelques rares diffusions de documentaires aux Journées Cinématographiques de Carthage, une fois tous les deux ans, ne peuvent constituer, à eux seuls, une plate forme fiable pour la circulation voire le rayonnement des productions tunisiennes.
Au-delà de cette donnée immédiate, autant de raisons irréfutables pour la tenue régulière d’un festival international du film documentaire en Tunisie. La toute première relève de la nécessité d’instaurer une culture du documentaire dans notre pays. Cette culture tient à plusieurs réalités : celles de la professionnalisation du secteur, de la formation et de la médiation.
Professionnalisation du secteur. Ce festival est également un lieu, de rencontres, de débats qui réunira des professionnels d’ici et d’ailleurs afin d’entamer une réflexion
sérieuse sur l’état actuel du documentaire en Tunisie afin de réfléchir et de proposer des perspectives de pratique professionnelle fiables et qui concernent aussi bien les textes statutaires que les moyens de production et de diffusion. Une réflexion aujourd’hui urgente pour clarifier les démarches et ouvrir de nouvelles voies.
Formation. Ce festival se propose non seulement d’être un cadre pour la visibilité de notre production nationale, si irrégulière soit-elle, mais il se veut également une fenêtre ouverte sur les meilleurs films documentaires qui se font dans le monde et notamment en Europe, en Afrique et dans le Monde Arabe. A cette formation « spontanée » accessible à tous, des professionnels avertis aux initiés assoiffés de voir l’évolution d’un genre sans cesse en renouvellement et jusqu’aux nouveaux passionnés, des ateliers pratiques seront mis en place pour vivifier ou faire naître de nouvelles vocations tunisiennes. Une démarche d’accompagnement du travail de formation déjà entrepris par certaines institutions telle la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs, qui a le mérite de maintenir une relative mais réelle présence continue du documentaire, ou encore de l’EDAC (Ecole Des Arts et du Cinéma) et encore plus récemment de l’ESAC (Ecole Supérieure de l’Audiovisuel et du cinéma) qui œuvrent à assurer la formation des futurs cinéastes et documentaristes tunisiens.
Médiation. Aucun film ne rencontre son spectateur spontanément. Entre le film et son destinataire, il y a toujours une instance chargée de sensibiliser, de rapprocher, de faire aimer. Preuve s’il en faut, les films hollywoodiens qui s’arment d’une machinerie énorme de publicité pour se garantir la réceptivité qui est la leur. Que dire alors du film documentaire dont il faut souvent apprécier la modestie des moyens, l’originalité du regard voire sa complexité ? Toucher le public, fidéliser ceux qui lui sont acquis et surtout concerner, charmer, d’autres et à fortiori les jeunes, nécessite un large et soutenu travail de sensibilisation, de médiation, de communication. Et c’est bel et bien cet objectif à long terme qui motive ce festival international du film documentaire de Tunis qui aspire en définitive à élaborer une culture du film documentaire dans notre pays.
mars 31, 2008 à 1:26
c’est vrai que la production tunisienne est très irrégulière mais je la trouve pas mal du tout, c’est juste le manque de moyens et de sensibilisation du public qui fait défaut dans tout le paysage artistique tunisien..