Doc à Tunis, du 3 au 6 Avril 2008
mars 30, 2008
Dans quelques jours démarre Doc à Tunis, un rendez exclusif pour le documentaire. Je saisis cette occasion, pour réfléchir la vocation du documentaire, en tant que genre à part entière, et pour proposer quelques pistes de réflexion sur le documentaire en Tunisie, sur ses repères historiques et les voix qui le portent le mieux.
Voici succinctement les axes de réflexions que je développerai ces jours-ci:
1) Dans la mesure où le film documentaire promet de dévoiler une réalité, une vérité, ignorée, occultée ou tue ; que sa valeur tient justement à son statut de document jouissant d’une certaine authenticité, d’une existence objective et critique, quel rapport entretient-il avec sa matière expressive à savoir l’écriture cinématographique. Autrement dit, dans quelle mesure l’écriture cinématographique permet un rapport immédiat au réel ? L’image issue de la caméra, qui se nourrit de lumière, qui se construit par le cadre, qui définit la taille de l’objet par la focale, peut-être elle être porteuse de vérité ? Ceci dans l’objectif d’interroger le rapport du film documentaire à l’objectivité historique. C’est-à-dire à interroger sa capacité d’une lecture – sociale, politique et historique- qui se prévaut, par essence, d’une certaine véracité, d’un engagement en quelque sorte à restituer sans manipuler des faits authentiques … puisque, la vertu du documentaire, pour ainsi dire, est son statut de document authentique qui rend compte de l’objet de son investigation
2) quel spectateur le film documentaire tente-il de saisir ? et par quel moyen de diffusion le film documentaire accède t-il à son destinataire ? Ayant accès presque exclusivement au film documentaire, par le biais de la télévision, puisque, comme tout un chacun le sait, le film documentaire n’a pas de circuit de distribution dans notre pays et probablement partout ailleurs, comment pouvons-nous percevoir le statut du film documentaire, dans cette machinerie de la diffusion qui produit de l’oubli, dirait Godard, et qui lorsqu’elle daigne accorder une place à une voix dissonante, le fait dans la mesure où elle estime à bon escient sa capacité à le résorber au sein même de son paradigme ? comment œuvrer pour frayer au documentaire une autre voix que celle de la télévision?
3) si la télévision partage, par le reportage, l’enquête et les news, plusieurs attributs du documentaire, comment celui-ci s’en distingue ?
4) enfin, si le dialogue des civilisations n’est pas un souhait utopique sans cesse raturer par les confrontations guerrières de colonisation et de guerres économiques, quelle place les images documentaires du Sud, de l’Orient et de l’Afrique peuvent-elles occuper dans cet développement inégal de l’image entre pays riches et pays pauvres ? quelles stratégies adopter (en moyens, en formation et en diffusion) pour diminuer l’écart de rayonnement entre les images que nous consommons et les images que nous produisons.
justement le cours metrage tunisien n’interesse personne car il n’a aucun lien avec son milieu historique social culturel…les cineastes sont souvent “out of order” par rapport a ce qui se passe autour d’eux.le cinema est en general pour la majorite d’entre eux une planque ou on peut faire du fric a l’aise!!!