Durant une cérémonie de mariage, célébrée par une famille bourgeoise de Tunis, Alia, 25 ans, interprète une chanson (Lissa faker? ” T’en souviens-tu encore?”) de la célèbre chanteuse égyptienne Omm Kalthoum. Elle vient de terminer son tour de chant. A la sortie, Lotfi, qui vit maritalement avec elle depuis dix ans, l’attend dans une petite voiture. Il la raccompagne chez eux. Dans l’ appartement, Alia exprime à Lotfi son désir de garder l’enfant qu’elle porte. Lotfi refuse pour la énième fois et lui apprend la mort du prince Sidi (Messire) Ali, un ancien Bey.

Le lendemain, Alia se rend au Palais, pour présenter ses condoléances à la famille du défunt. Dans la salle de séjour du palais, elle retrouve les femmes de la famille beylicale : Jneina la femme de Sidi Ali, Mémia l’épouse de Sidi Béchir, frère de Sidi Ali et leur fille Sarah, ainsi que des cousines et des parentes lointaines. Reçue avec une froideur glaciale, Alia les quitte après avoir présenté ses condoléances et s’en va rendre visite à Khalti (tante) Hadda, une vieille servante en chef, devenue aveugle. Khalti Hadda évoque le 7ème jour qui suivit la naissance de Alia, dans une chambre contiguë à la sienne, voilà de cela 25 ans, en 1945. Alia est née d’une mère servante, Khédija et d’un père inconnu. Khalti Hadda lui décrit les derniers jours du prince Sidi Ali, devenu solitaire et sénile. Elle lui raconte la peine qui a habité Sidi Ali et ne l’ a plus quitté depuis ce soir de malheur, où Alia a quitté le palais. Alia prend congé de Khalti Hadda et s’ en va visiter la chambre ou elle est née et a vécu jusqu’à l’âge de 15 ans. La porte de la chambre est fermée. Une autre servante Manoubia, lui donne la clé. A l’intérieur de la chambre, Alia se souvient.

 

En flash back défilent les moments les plus marquants de son adolescence : son amitié avec Sarah, la fille du prince Sidi Ali qui l’a initiée au luth, les journées de corvées de sa mère, l’hostilité des princesses. L’histoire se resserre avec la puberté de Alia. Celle-ci découvre, avec sa féminité naissante, l’univers cruel de sa mère et des femmes. Elle se met alors à parcourir les couloirs du palais, en remontant les escaliers qui séparent le bas (sous-sol réservé aux domestiques et surtout aux servantes) du haut (étage des beys). Seule sa mère et une deuxième servante, Fella, sont autorisées, à y accéder pour servir les Beys. Alia finit par découvrir que sa mère, ainsi que Fella, ne servent pas seulement les princes à table mais égayent aussi leurs soirées ( sa mère danse durant les fêtes et rejoint les princes à la demande dans leurs lits). Sa mère est la maîtresse de Sidi Ali, tandis que Fella est la maîtresse de Sidi Béchir. Jalouse de Khédija, Fella souhaite obtenir également les faveurs de Sidi Ali. De son côté, Sidi Béchir convoite Khédija.

Alia se sent très proche de Sarah. Elle lui emprunte son luth pour accompagner tant bien que mal les chansons qu’elle aime interpréter. Un jour, Sidi Ali la surprend entrain de chanter et l’invite, malgré la réprobation de sa mère, à interpréter des chants à l’étage des beys. Alia est transformée.

Un jour Alia est trouvée par Si Béchir évanouie dans le jardin du palais. Il la ramène dans une chambre. Khédija alertée court rejoindre sa fille. Sidi Béchir se retrouvant seul avec Khédija et croyant Alia inconsciente, l’oblige à subir un rapport sexuel. Retrouvant petit à petit ses esprits, Alia assiste, silencieuse et meurtrie au viol de sa mère. Elle tombe malade et perd la voix. Pendant une longue période, Alia restera alitée et muette, refusant de se nourrir et rejetant les marques d’affection de sa mère qu’elle repousse. Seule une brève visite de Sarah, qui lui joue du Luth, lui arrache un petit sourire.

Avec le concours de Khalti Hadda, Khédija achète un luth pour Alia. L’instrument sera à l’origine de son rétablissement.

Désormais un nouveau “locataire” loge chez Khalti Hadda. Il s’agit de Lotfi, un jeune instituteur engagé dans la résistance contre le protectorat français et ami de Houcine le fils unique de Khalti Hadda. Alia se rapproche secrètement de Lotfi. Il lui apprend à écrire et évoque devant elle, qui est complètement coupée du monde, l’ occupation et la volonté du peuple de reconquérir l’indépendance du pays.

Un jour, Alia surprend sa mère en train de vomir. De nouveau enceinte, Khédija organise secrètement son énième avortement. Malgré son état et son accablement, khédija s’active à la préparation du mariage arrangé de Sarah avec l’un de ses cousins.

Le soir de la fête, Sarah demande à Alia de chanter. Celle-ci monte sur l’estrade et entame une chanson de Omm Kalthoum ( Ghanili chouwaya « chante pour moi »). Entre temps, prise d’un malaise, Khédija s’est retirée dans sa chambre. Des servantes l’entourent. L’avortement s’annonce mal. Khédija perd beaucoup de sang.

En même temps et de l’autre côté, Alia voyant Lotfi rentrer dans la salle interrompt la chanson de Omm Kalthoum, et s’élance dans l’interprétation d’une chanson patriotique, une sorte d’hymne à la liberté et à l’indépendance, sévèrement interdite par les Beys, les princes et les régnants.

Indignés les notables, les Beys, les princes, les représentants du protectorat français et les invités quittent la salle de cérémonie. Entre temps et à la suite d’une hémorragie, Khédija meurt dans la douleur et en poussant des cris stridents. Alia accourt au chevet de sa mère. Les servantes tentent en vain de l’en empêcher.

Alia revient à son présent. Aujourd’hui adulte, profondément blessée et seule, elle se promet de garder son enfant et de le nommer Khédija, comme sa mère, si jamais elle accouche d’une fille.

 

4 Réponses vers “LES SILENCES DU PALAIS de Moufida Tlatli”

  1. baz2x1 a dit:

    Beau film. Tu le raconte Très bien. Merci

  2. dalida a dit:

    très beau film en effet. tu penses qu’on peut le trouver en dvd? j’aimerai le revoir.

  3. njouba a dit:

    Bonjour, vous avez bien racontez l’histoire du film, j’ai une copie de ce film :) je peux vous le donner :)

  4. zahraten a dit:

    Beau film ,apprecié par la critique arabe et internationale!
    Un silence qui en dit long…..
    La dominance de l’homme mais la révolte de la femme
    La toute jeune Hind Sabri qui avait 14 ans (pour son premier rôle dans ce film) vient de célèbrer son mariage dans un palais “KOBBET ENHASS” à la Manouba…comme quoi certains rêves peuvent se réaliser…Qu’elle soit heureuse!

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