La blessure du chien errant, Carnet d’Irak (1991et 2003) De Hédi Khélil

 


Au moment où Si Ridha Mellouli m’a téléphoné pour m’inviter à présenter le roman de si Hedi khélil, La Blessure du Chien Errant, Carnet d’Irak (1991 et 2003), j’étais entrain d’interviewer la plasticienne Amel Bouslama à propos de son exposition au Centre Culturel International de Hammamet. Alors que je saisissais ses réponses, je me suis aperçu d’un étrange tremblement dans sa voix. A ma grande surprise, Amel avait les yeux emboués de larmes. Je m’inquiète de son émoi soudain. Elle me désigne un numéro de Jeune Afrique qui traîne sur mon bureau. Sur la couverture du magazine la tristement célèbre soldat américaine Lyndie England tient un prisonnier irakien en laisse. En majuscule, en rouge et en gras, un titre pour toute légende : « Les Chiens de Guerre ». Mon amie pleure et je me sens absurdement coupable, je m’excuse au près d’elle de je ne sais quelle faute et propose de ranger, loin de sa vue, le magazine en question. Elle me dit « ça ne fait rien, je dois savoir. »

Plus tard, je tente d’écrire ce texte. J’ai dans les oreilles des aboiements et des cris et dans la tête les images d’un chien bâtard qui boite et d’un homme nu, tenu en laisse.

Je souhaite me cacher derrière l’écrit de Si El-Hédi, je cherche dans le roman le chapitre intitulé Des animaux et des hommes et plus particulièrement la section Le chien et la poule.

A la page 110, un bref descriptif. Je cite : « dans l’abri où nous sommes cachés, la nuit du samedi 22 mars, un visiteur inattendu : un vieux chien. Un jeune irakien veut le chasser, mais d’autres irakiens l’en dissuadent. Le chien se planque par terre, apparemment exténue et à bout de souffle. Je le fixe des yeux. Sa patte gauche est blessée. Il n’arrête pas de haleter. On lui apporte à boire et à manger, mais il reste récalcitrant. Est-il malade ? Est-il choqué ?

A l’heure où nous nous préparons à dormir, vers le coup de minuit, je le trouve plongé, au couloir de l’abri, dans un profond sommeil. Sur sa crinière, est déposé un pépin orange. Qui l’a mis ? Au réveil à 6h, je ne le retrouve pas . où est-il ? »

Je viens de vous transcrire la totalité du texte consacré au chien errant. Un tel paragraphe peut-il déterminer le titre d’un roman. Ce titre désigne t-il réellement le vieux chien sus-cité ? Je ne le crois pas ! je pense que le chien errant désigne un tout autre actant, je crois même qu’il désigne l’auteur. Pardonne-moi mon hardiesse Si El-Hédi, mais j’ai comme l’intuition qu’une voix en toi a déclaré : je suis un chien errant et j’entends: « je suis réduit à être un chien errant ».

Pour dissiper tout malentendu, je tiens à préciser que cette parole écrite est forcément symbolique ou métaphorique. Si El-Hédi n’est pas un prisonnier de guerre tenu en laisse mais l’universitaire, l’auteur et l’écrivain qu’il est, semble trouver dans cette figure la quintessence de sa condition humaine pour emprunter une célèbre formule de Malraux.

Et parce que toute histoire personnelle significative rejoint forcément la grande Histoire collective le voilà symboliquement, tels les corps nus des prisonniers irakiens amoncelés face à l’objectif de leurs tortionnaires, soudé à l’histoire des irakiens, traités délibérément comme des chiens.

Comme tout un chacun le sait, La Blessure du Chien Errant est écrite en langue française. Pourtant Si El-Hédi écrit parfaitement en arabe.

Est-ce parce que c’est plus tolérable de dire « nous sommes des chiens, errants ou en laisse », c’est selon, que de dire : « نحنا كلاب » que Si El-Hédi a choisi l’exil linguistique ?

Encore une fois pour lever toute ambiguïté, je tiens à préciser tout de suite que Si El-Hédi ne fait pas dans son roman le procès des Américains -ou de l’armée de la coalition- qu’il ne désigne même pas par le terme de colonisateurs, je pense même que c’est plutôt du procès de Saddam Hussein -et au delà de lui de la figure même de certains leaders arabes- qu’il s’agit. D’une manière implicite et par moments explicite, l’auteur dit clairement que bien avant les Américains et leurs Alliés, Saddam, les hommes de son régime et leurs barbouzes, traitaient les Irakiens comme des chiens.

 

Dans son roman, l’auteur ne condamne pas l’action américaine, sa violence barbare, ses bombardements aveugles et ses innombrables « bavures » comme ils disent et il esquisse à peine les raisons évidentes de la guerre menée contre l’Irak. Et alors que cette sale guerre est franchement épouvantable, c’est même par un bien tiède paragraphe que Hédi Khélil achève son roman. Il écrit : « Est-ce utile de dire que l’occupation de Bagdad m’a chagriné et endolori ? » Et pour conclure, il affirme : « Les irakiens vont, enfin connaître une vie normale. La hantise des guerres est anéantie. Les bars et les boites de nuit vont rouvrir. Les vols seront rétablis. Le dinar va retrouver sa vigueur. Le confort auquel se sont accoutumés les Irakiens même pendant les années de guerre contre l’Iran va reprendre ses droits. Beaucoup d’exilés irakiens regagneront leur pays. La vie sera certainement plus agréable. Mais dans un pays humilié, sous-scellé et dont les richesses vont être régentées par les vainqueurs, la nostalgie aura –telle la même saveur qu’avant et les retrouvailles auront-elles la même chaleur d’antan ? ».

Et alors que cette lecture fort partielle et effroyablement froide me révolte fortement, je trouve paradoxalement du courage dans cette entreprise risquée, menée par l’auteur et susceptible de mille et une interprétations, de mille et un procès.

Pardonnez-moi ce qui peut s’apparenter à du cynisme mais l’Histoire prouve que le dédain de la dignité humaine est une démarche naturelle chez l’Occupant quand il fait face à la moindre résistance. Souvenez-vous, il y a à peine quelques décennies du Vietnam, de l’Algérie et encore aujourd’hui de la Palestine, pour ne citer que ceux là.

Mais là où c’est intolérable, c’est lorsque un peuple est asservi, spolié de sa dignité par ses propres représentants, ses propres gouverneurs.

Je crois qu’au delà de toute polémique sur les convictions politiques de l’auteur, car le roman ne peut que convoquer cette lecture politique, il faudrait consentir à lui reconnaître ce courage de dire la toute première humiliation du peuple irakien, celle qui explique en amont et en aval le sort tragique d’un peuple, à bien des égards, révélateur des autres peuples arabes.

 

L’exil linguistique

Du coup, j’avance timidement une hypothèse qui puisse éclairer le choix de Si El-Hédi de ce que j’ai qualifié précédemment par exil linguistique.

Je crois que celui qui se désigne métaphoriquement par le chien errant, a symboliquement changé de langue, comme en tenterait vainement de changer de peau, pour s’accorder une parole autre que celle autorisée par le père, que celui-ci ait fondé une famille ou une nation.

A la langue maternelle, il a préféré l’exil linguistique pour ne pas mourir de mutisme, asphyxié par une muselière invisible. Pour ne pas avoir à tourner sept fois sa langue dans la bouche afin éviter de prononcer ce qui pourrait se retourner contre lui, il a choisi l’écart d’une langue autre. Cette langue que l’on se hâterait à tort de considérer comme la langue de l’Autre Occidental est en réalité la langue littéraire du Tout Autre : du marginal, du errant, du vaincu, du solitaire.

Il me souvient même que lors d’un débat on a reproché à SiEl-Hédi de citer dans son roman Genet réduit bizarrement à un étranger, c’est – à dire un « non arabe ». Or, Genet est l’autre de la pensée occidentale. Qu’importe dans quelle langue, quelle grammaire, quelle syntaxe la voix d’un auteur se déploie. Il y a deux types de langues, celle de la soumission et celle de la liberté.

Et quelque soit la langue, toute voix créatrice est issue, presque d’une manière biologique, de plusieurs années d’étranglement. Et, lorsque l’on se sent étranglé par sa propre langue maternelle par simple décret sociétal, c’est à dire politique et culturel, il faut bien s’arracher à l’envoûtement de la toute première langue murmurée par la mère!

On pourrait spéculer en disant que Si El-Hédi aurait pu dire les mêmes choses en arabe. Mais le fait est là, c’est grâce à cet écart, à cette ingratitude symbolique aux origines, que la langue de l’auteur se délie. J’ai dit précédemment qu’il tente de renouveler sa peau. Mais encore aurait-il fallu qu’il se désignât par un tout autre animal, le serpent par exemple. Or, dans cette langue du tout autre, et non pas du culturellement autre comme on la réduit souvent, Si El-Hédi raconte plutôt son parcours personnel d’errance et non point de renaissance.

Ce parcours intime, pour la première fois raconté à la première personne du singulier est d’une teneur telle qu’il risque de froisser bien des pudeurs.

Dans la section 6, à la page 64, si El-Hédi écrit : « Qu’est-ce qui me reste des guerres dont j’ai été le témoin, proche ou lointain ? Des corps, rien que des corps. Une moue, un rictus, un tremblement de paupières. Des pas chaotiques et frénétiques d’hommes coincés dans un abri pas sûr, comme les courses d’une mouche dans une chambre aux portes et fenêtres fermées. Le regard si appelant d’une femme, telle la flamme d’une lampe, qui vient peut-être quérir un frisson de désir. »

Mon ami Mouheddine Béjaoui, qui écrit également en français, a publié un texte sur les auteurs arabes qui s’expriment dans la langue de Voltaire où il dit que tout humain strangulé, ouvre naturellement sa bouche à la recherche de l’air et sa langue sort pointue comme «une langue de vipère plus pour narguer l’étrangleur que pour lui lancer un venin mortel ».

 

Alors on pourrait diverger longuement sur les positions intellectuelles de l’auteur à propos des guerres d’Irak. Son attitude quelque peu ambiguë, car délibérément pas suffisamment explicitée semble même le provoquer. Seulement voilà, il me semble que la motivation réelle de l’auteur n’est finalement pas celle de raconter L’Irak, mais plutôt celle de se raconter et d’enlacer le corps opulent de la littérature.

 

La littérature au détriment de l’essai

D’ailleurs dans son avant propos, Si El-Hédi le confesse. Je cite : « ce livre n’est pas une chronique de la guerre, mais de la vie des gens pendant la guerre. Ses motivations et sa portée ne sont pas circonstancielles et conjoncturelles. Si tel était le cas, je ne l’aurais certainement pas écrit. »

Mais plus que cela, à y voir de plus près et si on se limitait à une rigoureuse lecture textuelle, – et non pas celle, intertextuelle et contextuelle, évidemment nettement plus prolifiques,- ces Carnets d’Irak entre 1991 et 2003 ne reprennent ni des événements, ni des discours, ni des révélations et encore moins des analyses des deux guerres.

Dans son roman Hédi khélil raconte plutôt les gens qu’il a rencontré d’abord pendant ses trois années d’enseignement du français à l’Université d’Al-Mustansiryâ de Bagdad, entre 1989 et 1991, ensuite, ceux, croisés ou retrouvés lors de son retour en Irak entre le 12 et le 31 mars 2003. Et lorsque par leur intermédiaire, le texte concerne directement Saddam, les deux guerres, celle de 1991 et celle de 2003, l’auteur opte pour une écriture absolument dénotative qui se refuse non seulement toute analyse, toute interprétation mais qui se donne dans une forme de transcription fidèle et neutre. Or, évidemment, toute fenêtre est un cache pour emprunter une figure cinématographique de Bazin qui s’avère tout à fait juste pour tout texte, filmique soit-il ou littéraire. Car l’auteur ne consigne point toutes les paroles entendues, en dévoilant quelques unes, il voile forcément bien d’autres.

De bout en bout, Hédi Khélil maintient une écriture presque ascétique. Une écriture épurée rendue à son expression la moins expansive, non seulement rétive à tout sentimentalisme mais qui épouse souvent une forme subversive de cynisme distant.

Et c’est là, je crois tout l’enjeu littéraire de ce récit. Je crois que sa provocation ultime pour un lecteur arabe -et également francophone-, ce n’est point le fait qu’il soit écrit dans la langue de Voltaire mais dans un style qui rompt définitivement avec cette longue histoire d’un lecteur arabe rompu à la rhétorique. Car en prenant le risque de dénuder son récit de tout bémol de figures, Hédi Khélil heurte son lecteur au sein même de ses structures imaginaires.

Sans détours métaphoriques, sans figures romanesques, sans déplacements et associations syntagmatiques, Hédi Khélil raconte son individualité, son intimité. Et l’on se doute fort bien, celle ci- concerne sa sexualité, son lent célibat, et cette confession qui fait mal qu’il est étranger à lui même.

En effet, si jusqu’au milieu du récit, le texte de Si El-Hédi semble tenir grâce à ce menu fil romanesque qu’est Hélène la rebelle chrétienne qui traverse ses années studieuses pour rejoindre l’insoutenable dérive de l’Irak déchu et colonisé, dès que celle ci disparaît, dans l’exil et dans un couvent, l’on ne sait plus pourquoi il écrit et pourquoi on continue à le lire.

 

Face à l’absence de toute interprétation intellectuelle mais voire de toute manifestation affective, toute mesure ou démesure du cœur pour un sujet pourtant brûlant, un sujet qui ébranle la pensée, nécessite une quête de Sens, l’affirmation ne serait-ce que d’une idée et d’un élan du cœur, l’agacement pointe.

Aujourd’hui, je sais encore mieux pourquoi j’aime pourtant le roman de Si El-Hédi.

 

Une autobiographie à peine déguisée

Parce qu’il ose dire dans le dénuement de la langue son désarroi profond. Parce qu’il est douloureux et honnête. Un paradigme secret se tisse : la frustration, l’exil, la perte de repères, la fatigue et l’épuisement du sens. Et c’est en cela que Le chien errant rejoint les chiens en laisse: Fallait-il attendre l’arrivée des américains pour enfin reconnaître que nous sommes réduits à presque rien?

 

Au dos du livre, Si El-Hédi confesse : « Qu’est-ce que je suis allé faire en Irak ? Me guérir définitivement d’un pays que j’aime beaucoup ? Retrouver des visages que j’ai connus ou à peine effleurés ? Conjurer, au contact de la guerre, mes propres angoisses et peurs ? Suis-je revenu pour ne plus revenir ? Ou suis-je parti pour y rester pour toujours ? »

C’est en définitive cela la vérité de ce roman : celle d’un auteur qui se raconte. Une autobiographie. Un texte fait des confidences littéraires d’un homme de cinquante ans qui a le courage, la sincérité de se dire, de se mettre à nu. Que cet homme soit journaliste, universitaire, essayiste ne peut évidemment qu’éclairer, par le haut, le désarroi morale de toute une génération et permettez-moi la généralisation , ce parcours est à bien des égard représentatif d’une perte de sens et de vision pour une la grande sphère géographique et culturelle que constitue le monde arabe.

 

Aussi que son témoignage participera, au-delà de toute polémique, parmi d’autres, à retranscrire ce moment tragique de notre histoire est une évidence mais ce que je retiens par-dessus tout, et ce qui me touche le plus c’est ce courage de battre en brèche les discours consensuels et ce désir de trouer les paradigmes identitaires pour revendiquer sa part de quête et de métamorphose. Et aux inconditionnels de la spécificité culturelle arabe, comme d’ailleurs tout inconditionnel de l’idée même de l’identité, il est certainement de bon aloi de rappeler ce que toute identité donnée une fois pour toute, charrie comme immobilisme, comme refus de la différence, et comme pétrification de l’être.

Et c’est probablement ce questionnement qui est le vrai motif, non seulement de ce roman mais de toute littérature.

En choisissant d’écrire un roman et non point un essai, je crois que c’était cela le choix fondamental de si Hédi. Se libérer de la cohérence du discours pour enlacer le sans fond de toute vérité littéraire. Et en faisant cela, dans cet exercice périlleux de l’écriture, il y a le plus grand attribut de l’homme : le désir d’exister. Dans son merveilleux texte Des trois métamorphoses extrait de Ainsi parlait Zarathoustra, l’inégalable Nietzsche explique le parcours de l’homme épris de liberté. Cet homme habité par « le sentiment d’existence » comme disait J.J. rousseau, se métamorphose, de chameau en lion, et de lion en enfant, pour pouvoir être affirmatif, pour prononcer le « oui » sacré indispensable à la création.

Dans ce texte, Des trois métamorphoses. Nietzsche écrit :

« Je vous énonce trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit se mue en chameau, le chameau en lion et le lion, enfin, en enfant.

Il y a beaucoup de pesants fardeaux pour l’esprit robuste, aimant à porter de lourdes charges et que le respect habite : c’est un pesant fardeau qu’aspire sa force, au fardeau le plus lourd.

Qu’est-ce qui est lourd ? demande l’esprit habitué aux lourdes charges, et le voici qui s’agenouille, pareil au chameau, il veut qu’on le charge bien.

Qu’est-ce qui est le plus lourd, ô héros ? interroge l’esprit habitué aux charges pesantes, que je m’en charge, moi, et que je me réjouisse de ma force.

N’est-ce pas cela : s’abaisser pour faire souffrir son orgueil ? n’est-ce pas cela : faire éclater sa folie pour se moquer de sa sagesse ?

 

S’étant allégé des lourdes charges des discours bien pensants, Hédi Khélil tel l’enfant de Nietzsche se contente d’affirmer son désir de création. Son désir de littérature. Et que l’on s’entende bien le rapport de la littérature à la pensée n’est pas de l’ordre de l’exclusion. L’une est l’autre participe évidemment de cette même foi en le Symbolique. Mais là où l’une s’attache à la cohérence et à l’unicité, l’autre se nourrie des méandres de l’affect et de l’appel du néant.

 

Ayant déjà assisté à une préalable séance de débat autour de ce Roman de Hédi Khélil, La Blessure du Chien Errant, je peux affirmer que son roman ne cesse de susciter de sérieuses et tenaces polémiques.

Ceci me réconforte dans l’idée que nous sommes face à un vrai texte littéraire. A ce que Roland Barthes par opposition au texte lisible appelle le scriptible.

Car tel qu’il le souligne dans S/Z, la question fondatrice de toute approche critique du texte littéraire est la suivante: quels textes accepterais-je d’écrire (de ré- écrire), de désirer, d’avancer comme une force dans ce monde qui est le mien ?

L’auteur répond que Ce que l’évaluation trouve, c’est cette valeur-ci : ce qui peut être aujourd’hui écrit (ré-écrit) : le scriptible. Pourquoi le scriptible est-il notre valeur ? ajoute Barthes « Parce que l’enjeu du travail littéraire c’est de faire du lecteur, non plus un consommateur, mais un producteur du texte ».

Aujourd’hui face à La Blessure du Chien Errant de Hédi Khélil je ne suis pas face à un texte lu mais non écrit : un texte lisible. Puisque je ne suis plus une simple lectrice. J’espère même avoir échappé à la tentation de l’interprétation, c’est-à-dire à la tentation de donner au roman de Hédi Khélil un sens plus ou moins fondé, plus ou moins libre, mais d’avoir au contraire tenter d’apprécier de quel pluriel il est fait pour écrire à mon tour un texte éphémère qui échappe je l’espère à tout système fermé y compris celui de l’idéologie et de la critique savante.

 

 

Une réponse vers “La littérature au détriment de l’essai”

  1. messaoudialadin a dit

    …sont impuissants les termes qui peuvent rendre hommage à un grand philosophe,à un grand penseur de la faculté tunisienne:mon premier maitre:Mr hedi khélil!la blessure du chien errant n’est autre que l’âme d’un Homme particulier !un visionnaire projetant au monde l’humiliation du genre humain…………………….

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